Histoire du village
Situé au cœur du massif de l’Akfadou, dans l’actuelle wilaya de Béjaïa, Tizamourine est l’un des villages de la tribu kabyle des Aït Mansour, établie depuis des siècles dans cette région montagneuse de Petite Kabylie. Entouré de forêts, d’oliveraies et de reliefs escarpés, le village appartient à un territoire qui a longtemps vécu au rythme de l’agriculture, de l’élevage et de fortes traditions communautaires.
Comme de nombreux villages kabyles, Tizamourine plonge ses racines dans une histoire ancienne où se mêlent héritage berbère, traditions orales, influences religieuses et organisation villageoise fondée sur la solidarité. Les assemblées villageoises (tajmaât), les pratiques d’entraide et la transmission des savoirs ont contribué à façonner son identité au fil des générations.
Durant la période coloniale française, la région fut intégrée au douar d’Ikedjane au sein de la commune mixte de Sidi Aïch. Les habitants de Tizamourine, comme ceux de l’ensemble de l’Akfadou, furent confrontés aux bouleversements économiques, sociaux et politiques qui marquèrent la Kabylie au XIXe et au XXe siècle.
Pendant la guerre de libération nationale (1954-1962), le massif de l’Akfadou joua un rôle stratégique majeur. Ses montagnes et ses forêts servirent de refuge aux combattants de l’ALN et à plusieurs structures de la Révolution algérienne. Les villages de la région furent fortement impliqués dans l’effort de libération et en gardent aujourd’hui une mémoire vivante.
Après l’indépendance, Tizamourine a connu les transformations qui ont marqué l’ensemble de la Kabylie : développement de la scolarisation, émigration vers les grandes villes algériennes et vers la France, modernisation de l’habitat et évolution des modes de vie. Malgré ces changements, le village demeure profondément attaché à son patrimoine culturel, à sa langue amazighe et à la mémoire de ses anciens.
Cette histoire reste en grande partie à écrire. Le projet « Tizamourine – Mémoires vivantes » a précisément pour vocation de recueillir les témoignages, les photographies, les archives familiales et les souvenirs des habitants afin de reconstituer la mémoire collective du village.